Sur les pentes du Jura vaudois, Hugo Rittener développe une approche rare de la mécanique d’art. Autodidacte dans sa démarche artistique, il a développé un univers personnel, nourri par la sculpture cinétique et l’horlogerie ancienne.
Né en 1995 à La Praz, petit village niché sur les pentes du Jura vaudois, Hugo Rittener a grandi dans un paysage de forêts, de silence et de lignes ouvertes sur les Alpes et le Mont-Blanc. Cet environnement, à la fois paisible et exigeant, a forgé très tôt son rapport à la matière, au temps et à la passion pour créer.
A l’adolescence, Hugo installe un premier atelier dans le garage familial où il apprend à fabriquer, à expérimenter, à imaginer sans limite. La mécanique devient alors un terrain de jeu, le mouvement, une source d’émotions. L’école terminée, il se forme comme polymécanicien et démarre un parcours professionnel entre mondes de l’industrie métallurgique et de l’horlogerie.
Son itinéraire l’amène ensuite à se rapprocher du berceau des automates mécaniques: Sainte-Croix (VD). Depuis 2022, il travaille aux côtés de l’automatier de renommée mondiale François Junod, où il se spécialise dans des mécanismes plus complexes.
Dès qu’il le peut, il conçoit, fabrique, assemble et finalise dans son atelier privé des pièces uniques. Après «Autoportrait» et «Van Gogh», il signe une nouvelle création baptisée «Le Majordome».
Ces dernières années, Hugo Rittener a consacré son temps libre au développement et à la fabrication de cette pièce plus personnelle, pensée pour provoquer la poésie et la surprise. Conçu comme un automate d’accueil, l’objet associe mouvement, présence et utilité. L’automate se veut discret et ne se révèle qu’à l’appel, avant de disparaître à nouveau dans le silence.
La mécanique, composée de 1’054 éléments fabriqués à la main par l’artisan, est volontairement visible. Les lignes sont épurées, les courbes légères, afin de laisser s’exprimer la complexité du mouvement sans surcharge décorative. La marqueterie en noyer et frêne dialogue avec le bronze massif doré de la sculpture, tandis que le bois adoucit visuellement la mécanique tout en rappelant le lien tangible entre l’artisan et l’environnement proche de la forêt, dans lequel il a évolué.
Une série limitée
Cette pièce inaugure une série annoncée comme volontairement rare, avec des exemplaires appelés à rester distincts dans leurs détails et leur interprétation. «Dans un monde de production fragmentée, ‹Le Majordome› me permet de revendiquer une approche presque disparue, avec une œuvre née d’une seule main, du premier croquis à la dernière vis», précise Hugo Rittener. «Le Majordome» est à découvrir à l’Hôtel des Horlogers, au Brassus, de mars à novembre 2026.
12.3.2026

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