Du 6 au 12 octobre, Pascal Couchepin a conduit une importante délégation économique au Vietnam et à Hong Kong. A cette occasion, plusieurs dossiers horlogers ont été abordés.
Hormis le vice-président de la Confédération, la délégation en question était composée de représentants du Département fédéral des affaires étrangères, du Secrétariat d'Etat à l'économie (seco), des principaux secteurs de l'économie - au nombre desquels, pour l'horlogerie, l'auteur de ces lignes - et de plusieurs journalistes. Au Vietnam, elle a été reçue par les personnalités suivantes: Tran Duc Luong, président de la République, Vu Khoan, vice-premier ministre, Truong Dinh Tuyen, ministre du commerce, et Vo Hong Phuc, ministre du plan et de l'investissement.
Les discussions ont principalement porté sur le processus de réforme engagé par le pays pour adhérer à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et sur le commerce bilatéral helvético-vietnamien. Relevons à ce propos que si la Suisse exporte certes des montres au Vietnam, elle en importe des bracelets de montres (pour 14 millions de francs en 2001).
Du côté horloger, trois problèmes ont été particulièrement abordés. Tout d'abord, le taux élevé des droits de douane, qui atteignent 40 %. Ensuite, le fait que le Vietnam ne connaisse pas le carnet ATA, si précieux pour faciliter les présentations de produits à des clients potentiels. Enfin, le problème de la contrefaçon - des copies de montres sont en effet vendues dans certaines villes du pays.
Selon nos interlocuteurs vietnamiens, la question des droits de douane devrait trouver une réponse satisfaisante dans le cadre des négociations en vue de l'accession du Vietnam à l'OMC. A ce propos, il convient de souligner que les discussions bilatérales avec la Suisse, sur ce sujet, viennent de débuter. Concernant le carnet ATA, le ministre du commerce a promis de reprendre le dossier avec ses conseillers commerciaux en vue de mieux comprendre le fonctionnement du système. Le seco et la FH pourront apporter leur soutien dans ce cadre-là. Enfin, le gouvernement vietnamien a clairement manifesté son intention de lutter contre la contrefaçon qui porte atteinte, selon lui, aux fabricants et aux consommateurs, ainsi qu'à l'Etat en raison des pertes fiscales.
Si le Vietnam est encore un pays en voie de développement, la délégation a clairement ressenti durant cette mission sa volonté de s'ouvrir au commerce mondial et de développer son économie, tout en maintenant le régime en place.
La transition fut particulièrement saisissante pour la délégation lorsque, arrivant de Ho Chi Minh-Ville, elle débarqua à Hong Kong, un des acteurs les plus importants sur la scène commerciale mondiale, où elle a été reçue par Tung Chee-hwa, Chief Executive, Henry Tang, Secretary for Commerce, Industry and Technology, et Antony Leung, Financial Secretary.
Du point de vue horloger, c'est bien évidemment le dossier "Swiss made" qui a été évoqué, l'horlogerie suisse faisant part de ses préoccupations devant l'usage de l'indication "Swiss made" pour des montres assemblées à Hong Kong. Certes, la législation de Hong Kong attribue l'origine en fonction du lieu d'assemblage du mouvement. Il est donc possible d'utiliser cette indication sur des montres emboîtées à Hong Kong si elles sont équipées de mouvements "Swiss made". La délégation suisse a exprimé l'espoir que cette question puisse être résolue dans le cadre des négociations de l'OMC sur les règles d'origine, en adoptant une formule prévoyant que l'origine de la montre dépende du lieu de l'assemblage final du produit, une position partagée notamment par l'Union européenne, le Japon et la Chine. Henry Tang a répondu que Hong Kong défendait effectivement une position différente en fonction de son interprétation de la notion de "last substantial transformation". Il a toutefois relevé que Hong Kong était disposé à discuter de cette question pour trouver une solution satisfaisante en fonction des propositions qui pourraient être faites dans le cadre des négociations OMC. Lors de discussions bilatérales, il a même admis qu'il n'était pas insensible à la notion d'assemblage final et à l'influence de cette opération sur la qualité du produit, notamment pour les montres haut de gamme.
Si cette mission fut positive - elle a permis à la FH de faire part des préoccupations des problèmes rencontrés par l'horlogerie helvétique au Vietnam et à Hong Kong, alors que les réponses données montrent une volonté d'aboutir à des solutions - il faut bien admettre que les questions soulevées vont certainement nous occuper encore un certain temps et qu'il nous faudra continuer nos démarches.
24 octobre 2002

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